👉 En bref :
Les salaires des métiers du sanitaire et social dans le public suivent une grille indiciaire, composée de classes (niveaux de carrière) et d’échelons (progression automatique par ancienneté).
On commence en général en classe normale, puis on peut évoluer vers la classe supérieure ou exceptionnelle.
Chaque échelon donne droit à une augmentation de salaire, généralement tous les 1 à 3 ans.
Plus on monte en échelon et en classe, plus le salaire augmente.
La grille indiciaire est un tableau de référence utilisé dans la fonction publique pour déterminer le salaire brut mensuel des agents, en fonction de leur grade, de leur échelon et de leur ancienneté.
Elle constitue un outil fondamental pour encadrer les rémunérations et garantir une progression de carrière équitable. Pourtant, ses mécanismes restent parfois méconnus ou mal compris, notamment dans le secteur médico-social.
À travers cet article, le GEARH vous aide à décrypter son fonctionnement : quels professionnels sont concernés ? Comment évolue-t-on d’un échelon à un autre ? Que signifient les termes de classe, d’indice ou de promotion interne ?
Comprendre la grille indiciaire : un repère pour votre carrière
Que vous soyez aide-soignant, AMP, auxiliaire de vie ou infirmier, la grille indiciaire est un outil essentiel pour comprendre votre rémunération et vos perspectives d’évolution. Elle s’applique à la fonction publique — qu’elle soit hospitalière, territoriale ou d’État — et repose sur un principe simple : chaque poste est associé à un indice, qui détermine le salaire brut mensuel.
À quoi sert la grille indiciaire ?
Elle permet de garantir une certaine équité salariale au sein de la fonction publique. Chaque agent est rémunéré selon son grade, son échelon, et son indice majoré. Ces éléments tiennent compte de l’ancienneté, de la qualification, et parfois de la performance. La grille fixe aussi les règles d’évolution, ce qui en fait un véritable fil conducteur de carrière.
Qui est concerné ?
Tous les professionnels fonctionnaires ou contractuels employés dans le secteur public peuvent être concernés, à condition d’occuper un poste correspondant à un cadre d’emploi référencé dans les grilles. Dans le médico-social, cela concerne entre autres :
👩⚕️ Métiers paramédicaux et médicaux
- Infirmier diplômé d’État (IDE)
- Infirmier de bloc opératoire (IBODE)
- Infirmier anesthésiste (IADE)
- Infirmier en pratique avancée (IPA)
- Cadre de santé (paramédical)
- Aide-soignant(e)
- Auxiliaire de puériculture
- Sage-femme
- Masseur-kinésithérapeute
- Ergothérapeute
- Psychomotricien
- Orthophoniste
- Orthoptiste
- Manipulateur en électroradiologie médicale
- Technicien de laboratoire médical
- etc.
👥 Métiers sociaux et éducatifs
- Éducateur spécialisé
- Éducateur de jeunes enfants (EJE)
- Moniteur-éducateur
- Assistant(e) de service social (ASS)
- Conseiller en économie sociale et familiale (CESF)
- Animateur socio-éducatif (fonction publique territoriale)
- Technicien de l’intervention sociale et familiale (TISF)
🧑🦽 Métiers de l’accompagnement
- Accompagnant éducatif et social (AES) (ex AMP)
- Aide médico-psychologique (AMP) (fusionné avec AES mais parfois encore distingué)
- Surveillant de nuit qualifié (dans le cadre de la convention 66 ou 51, moins souvent dans la fonction publique mais parfois intégré via la territoriale)
🧑💼 Métiers d’encadrement ou support en médico-social
- Chef de service éducatif ou social (dans la fonction publique ou via les conventions collectives type 66, 51)
- Directeur d’établissement social ou médico-social (souvent cadres de la fonction publique territoriale ou hospitalière)
- Psychologue de la fonction publique hospitalière
- Médecin coordonnateur en EHPAD (dans les structures publiques)
🧾 Remarques importantes :
- Tous ces métiers ne sont pas forcément dans la fonction publique hospitalière (FPH) : certains relèvent de la fonction publique territoriale (FPT) ou sont exercés dans le privé associatif (convention 66, 51, etc.) avec des grilles similaires mais distinctes.
- Les grilles indiciaires sont révisées régulièrement, notamment en fonction des revalorisations salariales ou des reclassifications statutaires (Ségur de la santé, revalorisation des filières sociales…).
Comment lire une grille indiciaire ?
Chaque grille est structurée autour de :
- La classe ou le grade (ex. : aide-soignant de la classe normale à exceptionnelle)
- Les échelons, qui sont des paliers hiérarchiques progressifs
- L’indice majoré, qui correspond à un montant brut en euros
- La durée dans l’échelon, qui indique au bout de combien de temps on peut passer au niveau suivant
👉 Exemple : un aide-soignant de classe normale commence au 1er échelon avec un indice majoré d’environ 367 (soit ~1 795 € brut mensuel). En gravissant les échelons, il peut atteindre un indice de 519 (~2 541 € brut mensuel) en fin de carrière.
Les échelons et les classes : comment ça fonctionne ?
Le système de grille indiciaire repose sur une progression hiérarchique structurée. Pour évoluer, deux éléments sont à distinguer : les échelons et les classes. Chacun joue un rôle dans l’augmentation de votre rémunération et l’évolution de votre statut.
Les échelons : une montée régulière
Chaque grade (par exemple, celui d’aide-soignant de classe normale) est divisé en plusieurs échelons, généralement entre 10 et 12. À chaque changement d’échelon correspond une augmentation de l’indice majoré, donc du salaire.
Le passage d’un échelon à l’autre se fait :
- automatiquement à l’ancienneté, après un nombre d’années précisé dans la grille,
- ou au choix, pour les agents les mieux notés, selon l’appréciation de l’encadrement.
👉 Bon à savoir : la durée à passer dans chaque échelon varie — elle peut aller de 1 à 3 ans selon le niveau.
Les classes : des paliers d’évolution plus marqués
Outre les échelons, chaque métier peut comporter plusieurs classes (ou grades), qui traduisent un niveau de responsabilités ou d’expérience :
- Classe normale : c’est le point de départ pour la majorité des agents.
- Classe supérieure : accessible après plusieurs années d’ancienneté ou via un examen professionnel.
- Classe exceptionnelle : réservée à une minorité d’agents ayant atteint un haut niveau d’expertise ou d’ancienneté.
Chaque changement de classe permet d’ouvrir l’accès à une nouvelle grille indiciaire, plus avantageuse en termes de rémunération.
Un cadre évolutif mais encadré
Si la progression est encadrée par des textes réglementaires, elle n’est pas figée. La carrière peut s’accélérer avec une bonne évaluation, des formations qualifiantes, ou un changement de poste au sein d’un autre établissement ou vers un autre métier.
Comment évolue-t-on dans sa carrière ?
Gravir les échelons de sa grille indiciaire n’est pas le fruit du hasard. La progression repose sur un mécanisme réglementé qui tient compte de l’ancienneté, de la qualité du travail, mais aussi de l’investissement personnel dans la vie professionnelle. Il existe trois principaux modes d’évolution dans la fonction publique.
L’avancement d’échelon : une progression automatique (ou presque)
C’est la forme d’évolution la plus courante. Elle repose sur le temps passé dans un échelon donné.
- En règle générale, le passage au niveau supérieur est automatique, une fois la durée minimale atteinte.
- Certaines structures appliquent une avancée au choix pour les agents les mieux évalués, ce qui permet de réduire le temps requis entre deux échelons.
✅ Exemple concret : un aide-soignant peut passer du 4e au 5e échelon après 2 ans et 6 mois, mais parfois dès 2 ans en cas d’avancement au choix.
L’avancement de grade (ou de classe) : une évolution de statut
Ici, il s’agit de changer de grille pour accéder à un meilleur niveau de rémunération et à de nouvelles perspectives :
- Il peut être obtenu par ancienneté, lorsque certaines conditions sont réunies (années de service, échelon atteint…),
- Ou par promotion interne après réussite à un examen professionnel ou à un concours réservé.
Ce type d’évolution est un levier important pour dynamiser sa carrière et sortir de la stagnation salariale.
La promotion interne : accéder à un autre métier, mieux rémunéré
Il est également possible d’évoluer en changeant de corps ou de cadre d’emploi.
Par exemple, un aide-soignant peut devenir moniteur-éducateur, accompagnant éducatif et social ou infirmier, selon son parcours et les passerelles disponibles. Cela nécessite souvent :
- Une formation diplômante ou un concours interne,
- Et parfois un accompagnement via une validation des acquis de l’expérience (VAE).
Passer les échelons plus rapidement vous intéresse ? Lisez notre article sur comment progresser plus vite dans le médical & social !
L’exemple de l’aide-soignant, un parcours balisé mais évolutif
Le métier d’aide-soignant est souvent perçu comme un poste d’entrée dans le secteur médico-social. Pourtant, il offre de véritables perspectives d’évolution, aussi bien en termes de responsabilités que de rémunération.
Grilles indiciaire 2025 pour le métier d’Aide-soignant en classe normale :
| Echelon | Indice Brut | Indice majoré | Durée | Salaire brut |
| 1 | 389 | 373 | 1 an 6 mois | 1 836,20 € |
| 2 | 397 | 375 | 1 an 6 mois | 1 846,04 € |
| 3 | 416 | 377 | 2 ans | 1 855,89 € |
| 4 | 434 | 388 | 2 ans | 1 910,04 € |
| 5 | 452 | 401 | 2 ans 6 mois | 1 974,03 € |
| 6 | 468 | 414 | 3 ans | 2 038,03 € |
| 7 | 491 | 429 | 3 ans | 2 111,87 € |
| 8 | 510 | 444 | 3 ans | 2 185,71 € |
| 9 | 535 | 461 | 3 ans | 2 269,40 € |
| 10 | 567 | 485 | 4 ans | 2 387,55 € |
| 11 | 610 | 517 | – | 2 545,08 € |
Une grille indiciaire spécifique et progressive
L’aide-soignant est intégré dans la fonction publique hospitalière, au sein de la catégorie C.
- Il commence généralement en classe normale, qui comprend 12 échelons, avec un indice majoré allant de 373 à 517.
- En moyenne, chaque échelon est franchi tous les 2 à 3 ans, avec possibilité d’accélération selon les cas.
- Après plusieurs années, il est possible de passer en classe supérieure, puis en classe exceptionnelle, pour accéder à une grille indiciaire plus favorable.
👉 À titre indicatif, le salaire brut mensuel en début de carrière est d’environ 1 800 €, et peut dépasser 2 500 € en fin de parcours, hors primes.
Des primes et compléments non négligeables
En plus du traitement indiciaire, les aides-soignants perçoivent souvent :
- La prime Ségur (238€ BRUT mensuels),
- Des indemnités de sujétion (horaires décalés, travail le week-end…),
- D’éventuelles primes spécifiques à l’établissement.
Ces éléments permettent d’améliorer significativement la rémunération nette.
Des passerelles vers d’autres métiers du soin
Le métier d’aide-soignant peut servir de tremplin vers d’autres fonctions, notamment :
- Infirmier diplômé d’État (IDE), via une sélection pour l’entrée en IFSI,
- Accompagnant éducatif et social (DEAES), dans un contexte médico-social,
- Assistant de soins en gérontologie, avec une formation complémentaire.
Ces évolutions impliquent généralement une reprise d’études ou une VAE, mais elles permettent un changement de catégorie (C vers B voire A) et une revalorisation de carrière.
Une reconnaissance accrue depuis le Ségur de la santé
Depuis 2020, les réformes issues du Ségur ont renforcé la reconnaissance du métier :
- Revalorisation salariale,
- Meilleure lisibilité des parcours d’évolution,
- Accès élargi à la formation.
Le métier d’aide-soignant reste exigeant, mais offre désormais des perspectives concrètes de progression pour celles et ceux qui souhaitent s’investir durablement dans le secteur.
Et dans les autres métiers du secteur ?
Le secteur sanitaire et social regroupe une grande diversité de métiers, chacun avec ses propres grilles indiciaires, perspectives d’évolution et spécificités statutaires. Bonne nouvelle : les logiques d’échelon et de progression s’appliquent partout, même si les modalités varient selon les fonctions et les catégories.
AMP / AES : un métier avec des passerelles ouvertes
Les accompagnants éducatifs et sociaux (AES), ex-aides médico-psychologiques (AMP), sont également classés en catégorie C.
- Leur grille comporte 11 échelons, avec un salaire brut débutant autour de 1 750 €.
- Après plusieurs années, ils peuvent prétendre à une classe supérieure, voire évoluer vers un poste de moniteur-éducateur ou intégrer une formation d’éducateur spécialisé.
🔍 Astuce : un AES peut bénéficier d’une VAE pour obtenir le diplôme d’État d’aide-soignant s’il souhaite se réorienter vers le soin.
Auxiliaire de vie sociale : des débouchés plus variés qu’on ne le pense
Souvent employée dans la fonction publique territoriale ou par des structures privées, l’auxiliaire de vie sociale (AVS) a une progression salariale plus modeste, mais peut évoluer via la VAE ou des concours vers les métiers d’AES, d’aide-soignant ou d’agent social qualifié.
💡 Dans le secteur associatif ou privé, des formations internes peuvent également permettre une évolution vers des postes de référent de secteur, coordinateur ou encadrant d’équipe.
Infirmier : un métier qui ouvre vers la catégorie A
Les infirmiers diplômés d’État (IDE) dépendent de la catégorie A depuis la revalorisation de leur statut.
- Leur grille débute avec un salaire brut d’environ 2 000 à 2 200 €, et progresse jusqu’à près de 3 500 € en fin de carrière.
- Ils peuvent évoluer vers des fonctions d’infirmier en pratique avancée, cadre de santé, ou s’orienter vers des fonctions de coordination et de management dans les établissements.
🎓 Des concours ou des formations universitaires sont souvent nécessaires, mais les perspectives sont solides, avec un vrai gain en responsabilités et en salaire.
Agent de service hospitalier, éducateur, moniteur… : un cadre commun
Tous ces métiers suivent des logiques similaires :
- Une entrée en carrière en catégorie C ou B,
- Une progression par échelon et par classe,
- Et des possibilités d’évolution verticale (changement de grade) ou transversale (reconversion vers un autre métier du secteur).
Comme nous avons pu le voir, la grille indiciaire n’est pas qu’un tableau administratif : c’est un véritable levier d’évolution pour les professionnels du médico-social. Comprendre son fonctionnement permet non seulement de mieux anticiper son avenir professionnel, mais aussi de saisir les bonnes opportunités de formation, de mobilité ou de promotion.
Au GEARH, nous accompagnons chaque salarié dans la valorisation de son parcours et l’accès à des métiers porteurs de sens. En maîtrisant les règles du jeu — échelons, classes, avancements, passerelles — vous pouvez reprendre la main sur votre trajectoire. Car dans un secteur où l’humain est au cœur des missions, il est légitime que les professionnels soient pleinement reconnus et soutenus dans leur évolution.
